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lundi, 08 mai 2006

La retraite par répartition est-elle une pyramide ?

medium_retraite.jpg La retraite par répartition est une des modalités de mise en œuvre d'un système de retraite.
Ce sont les cotisations des travailleurs et employeurs actuels qui payent les retraités actuels.
Ce système s'oppose conceptuellement à celui de retraite par capitalisation.
Dans le système par répartition, tous les actifs d'aujourd'hui cotisent pour les retraités d'aujourd'hui via des prélèvements obligatoires sur leurs revenus, ce qui lui vaut le qualificatif de système inter-générationnel. L'argent ainsi prélevé n'est alors pas placé sur les marchés, et transite directement d'un individu à un autre.

Deux présentations existent de ce système :

•La doctrine officielle est celle d'une solidarité élargie, collective et intergénérationnelle, où chaque (futur) retraité prend en charge les retraités du moment (et sera pris en charge lui-même par les cotisants futurs). Dans cette logique, le cotisant d'aujourd'hui n'a aucun droit réel, et le système se fiscalise : les cotisations sont fixées par le niveau d'impôt, on partage le montant entre les retraités selon des clefs complexes.
•Dans l'imaginaire collectif et dans la présentation publicitaire, ce système est plutôt conçu comme une épargne collective, un système de capitalisation mutuel, où le futur retraité acquiert des droits réels sur les futurs cotisants ; les pensions sont fixés par des règles complexes, et on se débrouille pour trouver les ressources financières nécessaires.

medium_hippie_20photos_20vieux.gif Ces deux doctrines cohabitent, plus ou moins bien selon la souplesse qu'on laisse aux inévitables variations de population et la gestion politique des intérêts contradictoires des pensionnés et des cotisants. En pratique, c'est une variante de la vente pyramidale, avec ses défauts, et le système génère son propre type de scandale, conduisant par contrecoup à réhabiliter les autres systèmes, y compris la capitalisation.

Le système de retraite par répartition, existant dans plusieurs pays, fondé sur les cotisants futurs, ressemble à la vente pyramidale.

Les similitudes avec la vente pyramidale sont les suivantes :

•Ce sont les entrants qui payent pour les bénéficiaires.
•La multiplication entre le nombre d'entrants et le nombre de bénéficiaire n'est pas obtenu à l'entrée mais à la sortie, grâce à la mortalité des futurs bénéficiaires.
•On constate effectivement que le système est instable face aux variations internes.
•Les solutions proposées pour résoudre les difficultés sont conformes à la logique pyramidale : renforcer les contraintes et les délais avant de devenir bénéficiaire, recruter encore plus. Concrètement cela se traduit par allonger la durée de cotisation, élargir l'assiette des cotisations à des revenus jusqu'à présent exclus du système, faire participer les machines, taxer davantage les revenus du capital ou les personnes morales, (par la TVA ou plus généralement par l'impôt), taxer les plus-values plutôt que le personnel, etc.
•Des faillites de système de ce genre ont eu lieu. En France, un régime facultatif autorisé (le CREF) créé par une mutuelle émanation d'un syndicat (la MRI-FEN) a fait faillite en 2000, après l'échec d'une nouvelle campagne d'adhésion. Le diagnostic des syndicats concurrents (par exemple les gérants de la PREFON, système par capitalisation) furent qu'un tel régime ne peut fonctionner que s'il est obligatoire.



A l'inverse, le système a des différences importantes :

•Le système n'est pas voué à la faillite : géré correctement, il pourrait être stable grace à la base très large et stable d'asujetis (toute une population).
•Le système ne cache pas son caractère redistributif ;
•Les membres ne recrutent pas directement eux-mêmes, au lieu de cela ils obtiennent (par leur pression politique) que l'état se charge à leur place de la besogne ;
•En conséquence, le revenu futur du membre est basé sur sa capacité d'action politique et non sur sa capacité de conviction face à un client ;
•Le revenu futur n'est pas officiellement garanti ;