dimanche, 26 février 2006
Avec ou sans papier ?
Qu’est ce qui pourrait justifier, dans un état de droit démocratique tel que la france ou la belgique, une différence de droit entre deux personnes qui n’ont aucun crime, ni aucun délit à se reprocher ?
La couleur de peau ? NON ! Tous le monde sait très bien que nous vivons dans une société civilisée, non violente et tolérante et que nous mettons un point d’honneur à lutter contre le racisme.
La maitrise de la langue nationale ? NON ! Il y a à Paris et à Bruxelles une myriade de résidants étrangers qui ne parlent que anglais ou russe ou arabe ou polonais ou chinois et qui font des affaires très prospères, des conférences exceptionnelles, des recherche passionnantes, des offices religieux très appréciés, des œuvres d’arts que l’on s’arrache… il y a même des oisifs qui se contentent de faire la fête. Dans notre société, il ne peut être question de refuser des droits à un individu sous le seul prétexte qu’il ne maîtrise pas la (ou l’une des) langue(s) nationale(s) !
Le pays d’origine ? NON ! Il y a chez nous des habitants originaires du monde entier, que ce soit d’Europe, d’Amérique du nord ou d’Océanie, mais pas seulement, il y a des personnes qui viennent des quatre coins de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique du sud. Et ceci est merveilleux, nous vivons dans une société ouverte et cosmopolite et il est communément admis qu’un mélange de culture constitue une richesse pour nos pays.
Le niveau de formation ? NON ! Je défie quiconque de défendre, devant un public franco-belge, que selon votre niveau de formation, vous n’avez pas la même valeur. Qui, aujourd’hui en france ou en belgique, accepterait que l‘on réserve le droit d’écrire des livres aux universitaires ? Ou penserait interdire de conduire à ceux qui n’ont pas terminé leurs études secondaires ? Ce serait inacceptable, c’est tout à fait contraire aux principes républicains (ou démocratiques (pour les belges)).
La religion ? NON ! Nos deux constitutions défendent la liberté de culte, même si certaines religions sont plus représentées ou mieux défendues et bien que le sujet des religions soit très polémique, il est intolérable que l‘ont puisse avoir plus ou moins de droit selon que l’on soit catholique, juif, musulman, ou hindou. Toute loi qui irait dans ce sens serait non seulement anticonstitutionnelle, mais surtout contraire aux valeurs républicaines (ou démocratiques pour les belges)
La fortune personnelle ? NON ! Il suffit d’observer l’accueil que réservent les ménagères d’un village à la femme du notaire, quand celle-ci s’aventure à passer devant tout le monde chez le poissonnier : « Mais pour qui elle se prend celle là ? Elle se croit tout permis depuis que son mari lui à offert un vison pour noël ? Si elle continue à péter plus haut que son cul, elle va voir de quel bois je me chauffe ! » Il serait en effet totalement injuste, immoral, bref contraire aux valeurs républicaines (ou démocratiques pour les belges (c’est pareil)) d’accorder des droits supérieurs à une personne selon qu’elle soit riche ou pauvre.
Mais alors quoi ? Que reste-t-il comme caractère qui pourrait différencier deux personnes ? Le sexe ? Les différences physiques ? L’état de santé ? J’ai beau chercher, rien ne peut justifier moralement une différence de traitement.
Pourtant, il existe bel et bien une différence de traitement entre deux individus qui arrive à la frontière de nos pays.
Selon des critères au combien subjectifs, Certains ont droit à des papiers tandis que d’autres n’y ont pas droit.
Certains ont le droit de travailler, d’autres pas et sont obliger de travailler clandestinement pour subvenir à leurs besoins vitaux. Ceci leur enlève évidement toutes possibilités de se défendre juridiquement face à leur employeur, mais également de se loger chez des marchands de sommeil faute de pouvoir fournir une fiche de salaire.
Pire, certains ont droit à la liberté, d’autre sont enfermés dans ce qu’on appel en belgique des centres fermés. Doux euphémismes pour désigner des camps où ils sont confinés tels des poulets menacés de grippe aviaire, de peur qu’ils ne contaminent nos contrées de leurs forces de travail.
Mais quels sont ces critères au combien subjectifs ?
1er cas : Notre état providence s’autoproclame compétant pour décider s’il s’agit d’un réfugié économique ou politique. On lui dit texto : « On sait que là bas tu manques de tout pour vivre et que tu risques éventuellement de mourir de faim ou de manque de médicaments, mais tant que personne ne veut directement te tuer, on préfère t’interdire de te sortir de la merde par toi-même chez nous. »
2ème cas : on choisi selon les besoins de mains d’œuvre du pays, on fixe des quotas selon la formation, selon la situation familiale, parfois même selon le groupe ethnique, la religion, le pays d’origine, … enfin tout ce qui plus haut est communément admis comme immoral ou contraire à l’éthique républicaine (ou démocratique pour les belge (c’est pareil))
Je précise au passage que les auteurs de ces politiques ont tous été élus démocratiquement !
On nous explique que c’est normal, que nos pays ne peuvent accueillir toute la misère du monde, que notre économie ne pourra jamais absorber une telle arrivée de nouvelle force de travail, qu’il va y a avoir des conflits culturels et une hausse de la criminalité due à la pauvreté, …
Non seulement je conteste la validité de ces prévisions chaotiques. Mais je constate qu’on justifie des actes immoraux parce qu’ils sont utiles et/ou efficaces.
Dans les années trente, un certain Adolphe Hitler à décidé qu’il fallait tuer les malades chroniques, les handicapés physiques ou mentaux et les grabataires car ils ruinaient les fiances publiques et ne rapportaient rien à l’économie. Cette mesure à été très efficace pour diminuer les dépenses du système de santé allemand. Et l’entièreté du peuple allemand a vu son pouvoir d’achat augmenter.
Le contrôle de l’immigration est exactement justifier de la même manière. C’est absolument immoral et injuste mais c’est, paraît-il, très utile.
La seule différence avec Hitler, c’est que sa politique de santé publique était immorale, scandaleuse et inhumaine, mais que le contrôle de l’immigration est en plus de tout cela inefficace et préjudiciable pour notre économie.
Non seulement c’est scandaleux, immoral, injuste et inhumain mais en plus, ça nous prive d’un potentiel d’enrichissement à la fois économique et culturel.
12:55 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Politique


